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L'amitié et le neutre #45686

29 Juillet 2026 , Rédigé par Farnese Publié dans #amitié, #neutre

Si folle et anxieuse que le monde tremble, et j’emporte avec ce qui le tient : j’emporte les habitudes, et l’amie : j’emporte le cadre, et le lien.

L’amitié est un terrain : terrain que j’assèche, petite fille anxieuse que je suis : L. y a mis tant de fleurs, et tant je l’ai asséché que d’être anxieuse et de tant l’aimer. Je l’aime tant que je cherche de quoi étancher la soif : de L., et de ce terrain nomade sans lieu pour lui-même : et je vois tant de lacs, chaque fois mirages : si grands que d’être faux. Je vois tant de saluts : et je vois chaque fois que je ne sauve rien. J’agite fort les bras et je cours dans tous les sens. Alors j’effraie l’amie. Je suis femme de paille, épouvantail ravagé dans le désert : terreur d’amour ravageant la terre.

Je suis désolée d’être si terrible.

Je voudrais tant prendre soin du désert : abreuver l’amie, et moi-même : le refaire champ de fleurs. Je voudrais tant déposer azalées onagres liserons, et soucis bourraches fumeterres.

Mais l’anxiété est une gerbe de langage : j’ai déposé les mots comme s’ils étaient des fleurs : comme s’ils se suffisaient à eux-mêmes pour faire du désert un champ. Idiote ! J’aurais tant dû écouter Monique Wittig : j’aurais tant dû me méfier des mots : putains de chevaux de Troie, putains de Terreur : et moi, délaissée enfouie sous l’épaisse langue mobile. J’ai tant parlé. Comme l’amie est douce, et comme je suis terrible : anxieuse, si anxieuse que d’être au monde, et de perdre ce monde qu’elle est : alors je parle, je parle tant et tellement : et j’effondre le monde, et ce qui le tient. La petite fille a effondré l’adulte sous les mots. L’amie s’est tue pour l’éternité, ou le temps d’avoir les forces de s’arracher sous la langue : la petite fille l’ignore, elle est aussi anxieuse que sotte : sotte à mesure d’être anxieuse. La petite fille ne connaît que les mots : elle les use tant qu’ils sont usés, et s’étonne qu’ils n’aient de pouvoir que leur poids.

L., je voulais tant t’appeler à l’aide : mais la petite fille avait déjà commencé d’être folle, elle n’avait jamais cessé d’à jamais commencer, et elle ne savait pas appeler à l’aide : c’est folle qu’elle t’a appelée : elle voulait tant être rassurée, et que tu l’aimes si grand qu’elle t’aime : avec l’intensité de la petite fille qui découvre l’heureuse amie. La petite fille se savait folle, mais elle n’avait jamais aimé : elle s’ignorait anxieuse, et se découvrait à mesure de t’aimer : si nue qu’elle t’aime. L., j’ai tant peur de ton silence. La petite fille est si folle après tout : mélancolique, anhédonique, anxieuse :  elle ne sait pas faire sans charger de sens les choses. Tout doit  s’expliquer : la trace doit faire piste, et la petite fille est chien de traîneau : qu'on renifle ce sens qu’on abatte la proie, puis la petite fille elle-même : grande gueule jamais repue. Quel comble pour une petite fille folle et queer : si effrayée du trouble ! L’adulte a vu la petite fille se faire chienne : si grande gueule qu’elle est petite : dévorante de mots, et jappant de terreur.

La petite fille voudrait raviver le désert. Elle ignore ce qu’elle a le droit d’attendre ou désirer : peut-elle attendre la présence de l’adulte qui est aussi petite fille : effrayée des émotions d’autrui·e, et de l'intensité de la petite fille. Peut-elle espérer, tant et tellement anxieuse. L’adulte lui dit qu’elle doit réfléchir à ce qui lui fait du bien et travailler à comprendre ce qui lui correspond : la petite fille a-t-elle le droit d’être déçue. La petite fille a tant parlé que les mots s’en sont usés : pour l’éternité, et les siècles des siècles. Il est si dur d’être petite fille, et d’être l’adulte qui lui répond. Que la petite fille a d’attentes, et comme elle est petite : si petite de manquer d’être grande

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écrire

17 Juillet 2026 , Rédigé par Farnese Publié dans #écriture

Je suis aussi sèche qu’un os et je m’enfonce dans les sièges en osier du Delft. J’ai les yeux cernés de larmes : sous le vent, ou l’amour esseulé. Mes mains s’effritent de poussière, et à la poussière s’ajoute la poussière : mon corps s’efface dans la foule et à mesure du vent. Je suis l’os séché, et la vertèbre du temps résolu : j’écris, et je soutiens l’idée de mon corps.

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